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À Paris, les vendeurs dictent-ils encore leur loi ?

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Les 3 points à retenir :

  • Des prix qui crèvent le plafond jusqu’à faire de Paris l’une des villes les plus chères au monde.
  • La pandémie change la donne.
  • Huit arrondissements continuent d’enregistrer des hausses de prix.

La crise sanitaire a-t-elle vraiment mis un terme aux bouffées délirantes du marché parisien de l’immobilier ? Les notaires du Grand Paris ne le pensent pas. Les vendeurs se frottent les mains, car la demande repart de plus belle.

« Les prix avaient trop augmenté », se lamentaient récemment les professionnels de l’immobilier parisien, habitués à des hausses constantes du prix du mètre carré. Juste avant le fameux « monde d’après », vendre un bien dans la capitale était follement jubilatoire. D’autant qu’entre 2015 et 2020, le marché avait progressé de plus de 30 %, soit une hausse de… 6 à 7 % par an ! D’ailleurs, en 2020, Paris était même devenue la ville la plus chère au monde – ex aequo avec Zurich et Hong Kong –, selon le célèbre classement de l’hebdomadaire britannique The Economist. Bref, avec un mètre carré vendu, en moyenne 10 850 euros, des appartements qui changeaient de propriétaires en « quelques heures » et une hausse exponentielle de la demande, les vendeurs faisaient la pluie et le beau temps.

 

Le virus qui change tout

Patatras ! En 2020, le coronavirus vient doucher les espoirs les plus fous. Les confinements successifs donnent aux Parisiens le goût des grands espaces et des envies d’ailleurs. On craint l’exode urbain, la fuite des porte-monnaie. Le marché s’essouffle, les prix stagnent, puis baissent. La Chambre des notaires constate une diminution de 1,1 % entre octobre 2020 et janvier 2021. Les prix se stabilisent autour de 10 650 euros/m². Sur un an, à fin juin 2021, il s’est ainsi vendu 33 000 logements anciens dans la capitale (en 2017, on avait atteint 39 000 transactions).

D’aucuns rappellent aussitôt qu’ils avaient vu venir le retour de bâton après des années d’euphorie. Et, du côté des experts, on qualifie le phénomène de « nécessaire rééquilibrage ». Certains acquéreurs se permettent désormais d’être plus regardants, négocient, hésitent, comparent. Vendre prend un peu plus de temps. Et on note un accroissement de l’offre. Car, lors des dix dernières années, les Parisiens étaient, en moyenne, 62 % à acheter dans la capitale, mais, au deuxième trimestre 2020, ils ne sont plus que 54 %. Dans le même temps, on assiste au départ de quelque 10 800 habitants par an, alors qu’entre 2006 et 2011, c’était pratiquement l’inverse, Paris enregistrait l’installation de 14 000 nouveaux habitants chaque année. Le fameux « #saccageparis », des conditions de circulation souvent dantesques, des quartiers laissés à l’abandon et des prix – du mètre carré – multipliés par cinq en 25 ans ont sérieusement écorné l’image de la Ville Lumière.

Des prix qui repartent à la hausse

Pour autant, il ne s’agit pas d’un véritable exode : Paris intra-muros n’a perdu « que » 50 000 Parisiens en dix ans et compte toujours plus de deux millions d’habitants (selon l’Insee) qui se partagent environ 1 400 000 logements. Mais comme on peine encore à trouver des appartements « familiaux », hors de prix, les familles s’en vont… Et même si le Grand Paris – avec ses 131 communes qui accueilleront les 68 gares du Grand Paris Express – se montre de plus en plus attractif (+11 % d’achats en grande couronne), la majorité reste à proximité de la capitale.

Aujourd’hui, il y a donc, d’un côté, ceux qui s’inquiètent : « À Paris, les vendeurs n’ont plus la main sur le marché immobilier ! ». Et, de l’autre, les optimistes qui notent « un sursaut des ventes immobilières », voire « des prix qui repartent à la hausse, retrouvant leur niveau d’avant la crise sanitaire ». D’ailleurs, ces derniers, qui s’évertuent à voir le verre à moitié plein, soulignent que « le marché s’est assaini ». En octobre, le prix moyen au mètre carré remonte ainsi à 10 770 euros, et il atteint même 11 367 euros dans certains quartiers. Au troisième trimestre 2021, on recense 36 870 transactions. Selon le baromètre LPI-Se Loger, huit arrondissements continuent d’enregistrer des hausses : au moins 9 % en un an. Dans le IVe arrondissement, on flirte avec les 17 % d’augmentation !

L’absence relative d’investisseurs étrangers pour cause de crise sanitaire n’empêche donc pas l’immobilier parisien de s’échauffer. D’autant que, du côté des banques, les délais de traitement des dossiers de crédit sont revenus à la normale, ou presque. Un regain d’optimisme à tempérer. Le délai de vente moyen est toujours de plus de 40 jours, parfois 45. Et qu’il n’y a plus dix acquéreurs, voire plus, pour chaque bien mis en vente. L’époque du vendeur « tout puissant » est-elle pour autant un lointain souvenir ? Rien n’est moins sûr.

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